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L'Hyperloop, projet de recherche industrielle de train subsonique imaginé en 2013 par Elon Musk (fondateur de Tesla Motors et Space X), qui en a encouragé l'aspect open source et collaboratif, ne cesse de gagner du terrain. Des sociétés travaillent ainsi sur le concept, avec des projets un peu partout dans le monde. Dernière annonce en date : celle de la société californienne Virgin Hyperloop One avec le lancement d'une ligne de transport ultra-rapide entre Dubaï et Abou Dabi. Un trajet de 140 km, effectué en 12 minutes, soit une vitesse de 700km/h.

Relier Dubaï à Abou Dabi en 12 minutes grâce à l'Hyperloop ?

Virgin Hyperloop One (anciennement Hyperloop Technologie Inc.), l'une des sociétés qui veulent concrétiser la réalisation du train subsonique (1.126 km/h), a annoncé le lancement prochain (mais à quel terme ?) de la ligne de transport ultra-rapide entre Dubaï et Abou Dabi aux Émirats arabes unis. Un trajet de 140 km qui s'effectuera en 12 minutes (alors qu'il faut actuellement plus d'une heure et demi en voiture).

Vue d'artiste de l'Hyperloop reliant Dubaï à Abou DabiLe système sera constitué de capsules propulsées par un champ magnétique dans un tube (surélevé sur des arches) maintenu à basse pression.
Si ce n'est pas encore le véritable Hyperloop , qui permettait de se déplacer jusqu'à 1200 kilomètre par heure (ce dernier ayant été annoncé pour les années 2020), la ligne qui doit être lancée aux Emirats arabes constitue à terme en tous cas  l'une des premières applications concrètes de cette technologie.

Installés confortablement dans des sièges recouverts de cuir, conçus par le constructeur automobile BMW, les voyageurs pouront profiter des écrans haute-définition installés à bord afin de pallier l’absence de fenêtres. "Il y aura des écrans interactifs de divertissement intégrés aux accoudoirs des sièges", a expliqué Abdulredha Abu Alhassan, directeur exécutif à l’Autorité des routes et des transports de Dubai. Et, selon ses déclarations, la ligne devrait générer un trafic de près de 10.000 passagers par heure vers chacune des destinations (pour cela, environ 120 postes d'embarquement seraient prévus, chaque capsule comportant une dizaine de place,).
Une ambition qui s’inscrit dans la droite ligne de l’objectif visé par l’Autorité des routes et des transports de Dubai de 25% de transports autonomes d’ici à 2030.

A quand la ligne effective, et finalement sur quel trajet ?

140 km en 12 minutes, c'est un Hyperloop qui voyage à 700 km/h. Des étapes cruciales semblent donc rester à franchir. Car si des prototypes de train ont déjà été testés, les vitesses atteintes sont restées pour le moment "modérées" avec un record dee 387 km/h (240 mph) établi en décembre 2017 par Hyperloop One lors d'un test effectué au sud du Nevada. En tous cas, selon l'autorité des routes et des transports (RTA), "il faut rester prudent, soulignant que "les trajets de cet ampleur doivent être précédés d'études de planification et d'ingénierie minutieuses ainsi que d'études pour déterminer la faisabilité et réduire les risques potentiels, et maximiser les avantages du projet"... ajoutant que
"Le système est encore en cours de recherche et de développement, et RTA suit de près les développements de cette technologie, et étudiera plusieurs options pour déterminer la route qui sera annoncée à l'avenir".

Ainsi, Hyperloop One serait peut-être allé un peu vite en besogne en annonçant d'ores et déjà le lancement du tronçon. Peut-être aussi un moyen pour cette société d'obtenir des fonds auprès d'investisseurs.
 

Qu'est-ce que l'Hyperloop ?

Essai de l'hyperloop en CalifornieL'hyperloop est une espèce de "train" nouvelle génération" ne nécessitant ni roues, ni rails pour circuler, ceci grâce à un système de propulsion électromagnétique. La rame, composée de capsules, voyage non-pas à l’air libre mais à l’intérieur d’un tunnel maintenu à très basse pression, afin de réduire au maximum les frottements dus à l’air (les capsules voyagent sur coussin d'air). Des moteurs à induction répartis tout au long de la voie génèrent un champ magnétique capable de propulser à toute vitesse les capsules dans le vide quasi-absolu(1) du tube dans lequel elles circulent.
Enfermés dans les capsules, elles-mêmes situes dans un tube, les passagers ne verront pas le paysage, mais rien n'empêchera de simuler l'avancée, via des hublots projetant de la réalité virtuelle.grâce à des caméras situées à l'extérieur.

Elon Musk, un entrepreneur décidément à la pointe des recherches industrielles dans le domaine des tranports...

Schéma tiré du document "version alpha" publié par SpaceXL'idée d'un train sous vide est finalement un concept très ancien, apparu au début du XXe siècle. Mais c'est Elon Musk (pdg de Tesla et de SpaceX) qui en a proposé une nouvelle approche afin de voir l'avènement de ce mode de transport. Ainsi, il annonce pour la première fois son projet de recherche industrielle Hyperloop en juillet 2012. Il officialise ensuite son concept en août 2013 par la publication d'une "version alpha" du système sur le site de Tesla et sur celui de SpaceX. Contenant plusieurs schémas et visuels, le document livre de nombreux détails techniques, notamment le design et le fonctionnement de l'infrastructure, son mode de propulsion et d'alimentation énergétique, son utilisation, ainsi que son coût et sa mise en œuvre. Encourageant la production participative, l'aspect collaboratif et open source,  il n'a pas déposé de brevets en la matière.
En 2015, il annonce qu'une piste d'essai de 5 miles, soit environ 8 km, va être construite, piste qui sera ouverte aux entreprises et projets étudiants qui souhaiteraient tester leurs capsules.

'Hyperloop Pod Competition'

Elon Musk a créé le concours international  "Hyperloop Pod Competition"  qui vise à regrouper  de nombreuses universités reconnues sur le projet. Le concours a débuté par une phase de conception en janvier 2016. Un jury d'experts a jugé 115 projets soumis et en a retenu 30 pour une phase de tests, qui se sont déroulés en janvier 2017 à Hawthorne (Californie) et août 2017. Dans cette dernière étape, 3 prototypes de capsules ont été sélectionnés pour un essai sur le tunnel créé par l'entreprise SpaceX25. Sur la base de ces succès, SpaceX lance une nouvelle compétition pour le 22 juillet 2018(2).

Plusieurs entreprises travaillent sur le sujet de l'Hyperloop(3). En effet, il pourrait être à terme un moyen de transport capable de concurrencer l'avion par sa grande vitesse en s'affranchissant du principal problème du voisinage des aéroports. Mais, contrairement à l'avion et aux trains, son principal inconvénient est qu'il faut créer un réseau dédié, aujourd'hui inexistant, dans des zones parfois déjà urbanisées.
Selon certains experts, le coût estimé de la mise en place d'un km d'Hyperloop est de 11 millions d’euros, inférieur à celui du TGV.

Reste aussi tout le modèle économique autour de l'Hyperloop  à concevoir... L'hyperloop pourrait aussi transporter du fret.
A suivre...
Christophe Jacquemin
puce note Notes
(1)  L'ordre de pression dans le tube est autour du millibar, soit mille fois moins que la pression atmosphérique.
(2) "2018 Hyperloop Pod Competition".  La compétition 2018 se concentrera sur un critère unique : la vitesse maximale. De plus, tous les Pods doivent être automoteurs.

(3) On peut citer Hyperloop One ; Hyperloop Transportation Technologies (HTT) lancée par l'Allemand Dirk Ahlborn) et la société canadienne Transpod Hyperloop.
A noter que la SNCF a apporté des fonds à Hyperloop One.
Concernant HTT, l'entreprise, forte de 800 employés, a aussi ouvert en février 2018 un centre de recherche européen à Toulouse. Le début du chantier est imminent, avec la construction tout d'abord d'une piste temporaire d'essai de 320 m de long prévue pour être opérationnelle à la fin de l'année (qui ne sera pas montée sur pylônes). Dans un deuxième temps, une piste de 900 mètres sur pylônes sera fonctionnelle (voir la vidéo 'Les
premiers éléments d'Hyperloop, le train du futur, sont arrivés à Toulouse".


De son côté, Tranpod, start-up canadienne basée à Toronto a présenté en septembre 2016 son concept de véhicule, prévu pour atteindre des vitesses supérieures à 1 000 km/h avec un système de commande piloté par ordinateur et utilisant une infrastructure pouvant être alimentée à l'énergie solaire.
 Parmi les lignes envisagées par l'une ou l'autre de ces sociétés :  Los Angeles-Las Vegas ; Washington-New York; Montréal-Toronto ;  Brno- Bratislava ; Bratislava- Vienne puis Budapest ; Lyon-Saint-Étienne (projet Hyperloop Lyst, mené avec l'école des Mines de Saint-Étienne), Toulouse-Montpellier ; Limoges-Paris; Kiev-Pékin; port russe de Zaroubino (près de Khassan)-Hunchun(Chine).


 
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