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Le sommet de l'Otan du 11 et12 juillet derniers a vu une nouvelle fois les Etats européens capituler devant les Etats-Unis. Malgré quelques protestations, et sans s'engager sur des chiffres précis, les Européens ont finalement donné satisfaction aux exigences de Donald Trump.
Après le sommet de l'Otan des 11 et 12 juillet dernier, les Etats européens ont annoncé qu'ils augmenteraient considérablement leurs contributions à l'Otan, afin de diminuer la part financée par Washington.
Les observateurs présentent cela comme une contribution à la défense de l'Europe. Mais une défense contre qui ?

L'augmentation des budgets militaires européens au sein de l'Otan ne signifie pas que les Etats-Unis accepteront une diminution de leur rôle directeur au sein de cette organisation. Cette-ci a été imposée par ces derniers aux Européens dans les années 1960, afin de s'assurer qu'ils mettront tous leurs moyens disponibles pour seconder l'Amérique dans sa "lutte à mort" contre la Russie. Terme de "lutte à mort" nullement disproportionné puisqu'il s'agissait essentiellement de mettre en place aux frontières de la Russie des moyens militaires capables de s'opposer à une éventuelle offensive russe visant à conquérir tout ou partie de l'Europe.

Cette offensive aujourd'hui paraît parfaitement improbable. Les Russes ont d'autres défis à relever que s'épuiser à la tentation de coloniser l'Europe de la même façon que les Etats-Unis la colonisent.
Cependant, le risque d'une telle offensive russe n'est pas totalement à exclure, d'où la nécessité de placer en Europe des moyens militaires suffisants pour qu'elle assure par ses propres moyens sa défense. On peut parler à cette égard d'une "Europe de la Défense".

Mais si les Européens avaient eu le désir de se doter de forces suffisantes pour assurer leur défense, ils auraient eu la volonté de préparer une défense, non seulement à l'égard des Etats-Unis mais de toutes les menaces potentielles venant d'Etats ou d'organisations, notamment terroristes islamiques, qui voudraient mettre l'Europe à leur service. Bien que celle-ci soit elle-aussi parfaitement improbable, il ne faudrait pas exclure une menace militaire chinoise. On pourra parler à cet égard d'une Europe de la défense.

A ce titre, la menace militaire américaine devrait être mise au premier rang. Vu la dépendance des Européens à l'égard des Etats-Unis, on dira que les Américains ne s'attaqueront jamais aux Etats européens. Mais si certains d'entre eux exprimaient le désir de se doter d'une défense autonome, les choses changeraient.
Le général de Gaulle en son temps en avait fait les frais avec sa volonté de doter la France d'une force de frappe nucléaire qui n'aurait rien dû aux Etats-Unis. Par conséquent celle-ci n'aurait pas été dirigée exclusivement contre la Russie, autrement dit l'URSS de l'époque, mais contre toute menace, venant éventuellement d'outre atlantique.

Washington n'avait eu alors de cesse à l'époque d'abattre le gaullisme afin de le remplacer par une France dévouée à ses ordres. Mai 1968 aurait d'ailleurs été largement financé par la CIA pour rendre De Gaulle inoffensif. Ce qui fut réussi.

Par ailleurs, une Europe de la défense ferait appel à des armements principalement conçus, développés et financés par les Etats européens. Autrement dit, elle n'aurait pas constitué comme actuellement un marché réservé aux industriels de l'armement américains. Là encore, cette perspective a été et demeure toujours refusée par le Pentagone et le complexe militaro-industriel (CMI) américain. Ce qu'avait partiellement réussi la France, en se dotant d'une industrie militaire principalement utilisatrice de ses propres ressources, ne sera jamais possible au sein d'une Otan qui est et restera soumise à Washington.

C'est d'ailleurs l'une des raisons qui fait que Donald Trump impose à l'Europe d'augmenter considérablement ses budgets militaires. Il s'agira d'autant d'argent supplémentaire qui financera rapidement le CMI américain, augmentant ainsi ses budgets globaux.
Jean-Paul Baquiast
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