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La démission de Nicolas Hulot du Gouvernement confirme notre préoccupation, celle de voir les nouvelles sciences confisquées par différents pouvoirs sans que le citoyen, c'est-à-dire chacun de nous, puisse intervenir. Encore faudrait-il que nous soyons suffisamment informés et en mesure de discuter. Sans doute, le tort de Nicolas Hulot est de n'avoir pas suffisamment montré que le réchauffement climatique nous concernait tous y compris dans la vie quotidienne.

Au début de ce siècle, lorsque nous avions lancé l'initiative et le site Automates Intelligents, nous pensions qu'il était important de contribuer à faire connaître les nouvelles sciences et technologies à un public francophone qui ne maîtrisait pas nécessairement l'anglais, indispensable en ce domaine. Nous avions voulu y ajouter, au-delà de ce qui paraîtrait une simple vulgarisation, une réflexion sur les aspects politiques et géopolitiques du passage au numérique et des nouveaux développements des sciences et des technologies.

Progressivement cependant, nous nous sommes rendu compte qu'il fallait analyser et si possible combattre, avec nos moyens, la volonté de la plupart des pouvoirs, politiques et économiques, en tout cas de ceux ayant avantage à refuser que le public ne s'informe suffisamment des enjeux des sciences, pour éventuellement contester l'usage qui en est fait.

La déclaration de Nicolas Hulot à l'occasion de sa démission montre clairement, selon nous, le fait qu'il s'était heurté, dans la question clef de la lutte contre le changement climatique, l'épuisement des ressources naturelles et la disparition de la biodiversité, aux divers pouvoirs, là encore politiques et économiques, qui refusent toutes limites pouvant être mises à leurs entreprises. Peu importe pour eux que, sans de telles limites, et poussés par la recherche du profit, ils entraînent en quelques décennies la destruction possible de la planète telle que nous la connaissons. Il ne faut surtout pas en parler. Demain est un autre jour : "Business is business".

Ceci justifie plus que jamais la volonté qu'au contraire, nous continuions à proposer une réflexion non seulement sur les aspects scientifiques ou philosophiques de ce que l'on appelle le progrès scientifique, mais aussi sur le monopole assorti de secret que cherchent à s'en donner ceux qui ont le pouvoir d'influencer grâce à lui notre avenir à tous.

Rappelons ici ce qu'a déclaré Nicolas Hulot le mardi 28 août sur les ondes de France Inter en annonçant sa démission du gouvernement :
"La planète est en train de devenir une étuve, nos ressources naturelles s'épuisent, la biodiversité fond comme la neige au soleil et ça n'est pas toujours appréhendé comme un enjeu prioritaire et, surtout, pour être très sincère, ce que je dis vaut pour la communauté internationale, on s'évertue à entretenir voir à réanimer un modèle économique marchand qui est la cause de tous ces désordres. Je ne comprends pas comment après la conférence de Paris, après un diagnostic imparable qui ne cesse de se préciser et de s'aggraver de jour en jour(1), ce sujet est toujours relégué dans les dernières priorités."
 
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin
puce note Notes
(1) On pourra lire ici avec attention une des dernières études publiée sur le sujet, le 6 août dernier dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences :
"Trajectories of the Earth System in the Anthropocene", par Will Steffen, Johan Rockström, Katherine Richardson, Timothy M. Lenton, Carl Folke, Diana Liverman, Colin P. Summerhayes, Anthony D. Barnosky, Sarah E. Cornell, Michel Crucifix, Jonathan F. Donges, Ingo Fetzer, Steven J. Lade, Marten Scheffer, Ricarda Winkelmann, et Hans Joachim Schellnhuber.



 
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