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Il ne faut jamais dire jamais, cependant les risques que devront affronter d'éventuels astronautes candidats au voyage vers Mars seront tels, que bien peu de volontaires se fassent sûrement connaître le moment venu, c'est-à-dire dans environ une trentaine d'années.

Une étude que vient de publier la Nasa, dans le cadre de son Nouveau Human Research Program   classe les dangers auxquels les astronautes se heurteront en voulant se rendre sur Mars. 
La NASA les classe en 5  catégories et elle souligne que ces risques ne s'excluent pas les uns les autres: il peuvent se cumuler et en exacerber les effets sur le corps humain..

Ils ont été étudiés à partir de risques terrestres analogues, d'essais en laboratoires et surtout en s'appuyant sur l'expérience déjà longue de la Station spatiale Internationale (ISS). Cependant vu la proximité de celle-ci en orbite terrestre, les difficultés à résoudre seront beaucoup plus grandes dans le cas d'une mission Terre-Mars qui durera plusieurs années. L'étude ne porte pas sur les risques que courront des astronautes ayant pu débarquer sur la planète et y séjourner quelques mois. Mais ils seront évidemment beaucoup plus grands.

Les radiations

Le risque est considérable mais il n'apparaîtra pas immédiatement car les radiations n'exercent leurs effets destructeurs sur l'organisme qu'au bout d'un certain délai. Elles pourront endommager le système nerveux central, inhiber la cognition, réduire les possibilités d'adaptations motrices, sans mentionner l'apparition de cancers qui pourraient se produire assez rapidement. L'ISS se trouvant encore sous la protection du champ magnétique terrestre, les astronautes y sont relativement protégés. Mais on évite de les laisser séjourner longtemps.

Pour se protéger des radiations, les futurs véhicules devront disposer d'une enveloppe isolante importante malgré leurs poids, de dosimètres et d'alertes. De même, certaines contre-mesures médicales pourront être envisagées.

L'isolement et l'enfermement

Même si les astronautes ne seront pas seuls dans la future capsule, la longueur des voyages et l'impossibilité de revenir rapidement sur Terre feront que les risques de conflits interpersonnels seront considérablement accrus. Ils devront être entraînés pour y résister et continuer à coopérer. Par ailleurs, le manque de sommeil, les  difficultés pour évacuer les déchets et d'éventuels troubles de santé seront considérablement accrus.

La distance par rapport à la Terre

Ce point n'a pas besoin d'être souligné. Mars est en moyenne à 160 millions de km de la Terre, soit 55 et 400 millions de km selon leurs positions orbitales. Les astronautes quitteront notre planète pour un voyage d'environ trois ans. Ceci rend évidemment impossible les missions de ravitaillement et d'évacuation accomplies avec l'ISS. Les échanges radio demandent environ vingt minutes pour le simple aller. Un planning détaillé de toutes les opérations de fonctionnement et de survie devra être réalisé à l'avance et scrupuleusement suivi.

La faible gravité

La gravité sur Mars n'est que le 3/8ème de celle présente sur la Terre. De plus, pendant les six mois de traversée, elle sera nulle. Les os, les muscles, le système cardio-vasculaire devront s'adapter en conséquence. Au retour sur Terre, une adaptation inverse sera nécessaire.

La Nasa a entrepris des recherches sur la façon d'éviter certains risques tels que l'ostéoporose. Les exercices physiques nécessaires, adaptés à chacun des astronautes, devront aussi être prévus.

L'enfermement dans un espace réduit

Pour compenser les effets hostiles de celui-ci, il faudra prévoir en détail les opérations permettant d'assurer l'habitabilité : température, pression, éclairage, sans mentionner les besoins en nourriture, sommeil et exercice ainsi que la lutte contre les infections, provenant notamment des transferts de microbes d'un individu à l'autre.

Le recyclage des déchets et rejets tels que celui de gaz carbonique devra être assuré en permanence.

La Nasa fait valoir que toutes les études nécessaires pour protéger les astronautes de ces risques auront des retombées scientifiques et techniques importantes. Il en sera de même de la meilleure connaissance de l'organisme humain en résultant

Commentaires

Ajoutons que ces travaux préparatoires devront être réalisés dans une bonne entente internationale, permettant aux divers Etats qui participeront aux missions sur Mars de coopérer au lieu de s'opposer. Il est évident en effet qu'une telle mission, si jamais elle était décidée, devra être conduite par une coopération sans arrière-pensées entre les pays qui seront concernés, Etats-Unis, Russie, Chine et Europe notamment.

On peut espérer ainsi que l'exploration spatiale, quels que soient ses domaines et ses ambitions, permettra aux milliards d'humains vivant sur Terre, même s'ils n'y participent pas directement, de se donner des objectifs à long terme communs.

Jean-Paul Baquiast

puce note Sources
5 Hazards of Human Spaceflight (site de la NASA)
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