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En décembre 2011, l'Iran avait annoncé avoir abattu un drone de reconnaissance et d'espionnage américain du type Lockheed Martin RQ-170 dit Sentinel qui violait son espace aérien...
En 2012, les militaires Iraniens annonçaient avoir reconstitué, sur les spécifications du RQ-170, un UAV nommé Saeqeh ou Tonnerre. Mais ils n'avaient pas caché qu'ils le destinaient à un usage militaire, lui donnant la capacité de transporter quatre bombes guidées de haute précision.


UAV furtif RQ-170

Apparemment, cette annonce, et les vols de démonstrations satisfaisants l'ayant suivi, n'avaient pas fait réagir le Pentagone. Au lieu de continuer à engloutir des milliards de dollars dans la mise au point de l'avion de combat JSF, ils auraient pu consacrer quelques-uns de ces dollars à fabriquer en grande série des RQ-170, mais en les armant comme le faisaient les Iraniens. Ils les auraient vendus à leurs divers alliés, notamment au sein de l'Otan. Il en a été de même d'Israël. Celui-ci aurait été parfaitement capable de se doter d'équivalents du RQ-170, notamment pour bombarder ce que l'Armée israélienne estime être des objectifs militaires syriens jugés comme dangereux pour la sécurité du pays.

Au contraire, les Iraniens ont employé et continuent à employer des avions de combats américains, notamment les quelques JSF qu'ils sont d'ailleurs encore les seuls à utiliser de façon opérationnelle. Ce sont ces appareils qui avaient été détectés par les batteries anti-missiles syriennes à la suite de quoi un de leur missile avait semble-t-il abattu par erreur l'avion russe Iliouchine. On peut penser que si Israël avait utilisé des RQ-170 furtifs, ceux-ci n'auraient pas été observés par les Syriens.

Or le 2 octobre 2018, le site israélien semi-officiel DEBKAfile reconnaissait (voir Sources ci-dessous) qu'un groupe de 11 UAV furtifs iraniens du type Saeqeh avaient attaqué ISIS dans l'est de la Syrie. Ceci n'avait rien de condamnable en soi, mais le fait que ces drones aient pu franchir l'espace aérien irakien sans être identifiés, puis aient pu retourner à leur base en Iran, a jeté l'inquiétude en Israël.



Vidéo : Le nouveau drone furtif sentinelle RQ-170 iranien: vol de la version iranienne du drone américain

En cas de besoin, les Iraniens pourraient les utiliser contre des objectifs israéliens. DEBKA prévient qu'ils pourraient faire de même contre les implantations américaines en Syrie ou plus généralement au Moyen-Orient.

Il y a tout lieu de penser qu'Israël et que l'armée américaine vont rapidement se doter des moyens de détecter et d'abattre de tels drones, en attendant de s'équiper rapidement de RQ-170 ou l'équivalent.
Mais on peut se demander pourquoi leurs armées ne l'avaient pas fait précédemment ?
Une des réponses, selon nous, est que le complexe militaro-industriel CMI américain ne s'était pas intéressé à la question, n'y voyant pas l'occasion de contrats d'un montant suffisant en perspective. Comme nous l'avions indiqué, le CMI avait fait la même erreur à propos des missiles hypersoniques russes. Au lieu d'en produire d'équivalents, il avait préféré voir l'US Navy continuer à entretenir des porte-avions.

La France pourrait parfaitement fabriquer seule des drones furtifs de ce type, plutôt que s'engager avec d'autres pays européens dans le projet d'un MALE européen dit RPAS sur le modèle américain du Reaper, projet qui n'aboutira pas avant quelques années. Elle le ferait en annonçant que ce MALE français serait à objectif scientifique, ce qui lui permettrait d'échapper aux éventuelles interdictions de l'Union européenne et du Pentagone.
 
Jean-Paul Baquiast
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