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Selon deux rapports émanant de Greenpeace east asia et de Chinadialogue, la Chine est aujourd'hui engagée dans la bataille pour l'eau, bataille dont on parle peu et qui ne se présente pas sous les meilleurs auspices, bien que l'empire du milieu soit la 2ème économie du monde ainsi qu'un une grande puissance militaire...
 

Selon ces deux rapports [voir Sources ci-dessous], si la Chine perd la bataille pour l'eau, elle pourra dire adieu à ses perspectives de croissance. Plus gravement, elle mettre en danger une grande partie de sa population, laquelle dépasse aujourd'hui le milliard de personnes(1).

Un problème résultant de deux principaux facteurs

Le problème de l'eau résulte pour la Chine de deux principaux facteurs :

  • le réchauffement climatique qui amoindrira progressivement la taille des glaciers himalayens alimentant les principaux fleuves chinois ;
  • la pollution croissante de ces mêmes fleuves et des sources d'eau utilisés par la consommation humaine et l'industrie.

Ces faits paraissent incontestables. Les mesure mises en œuvre par le gouvernement chinois pour y remédier ne peuvent que très difficilement agir. Concernant le réchauffement, la politique actuelle visant à renforcer l'appel aux énergies renouvelables afin de limiter la production de gaz à effet de serre ne sera certes pas inutile, mais la fonte des glaciers résulte de phénomènes climatiques dépassant largement les capacités d'intervention de Pékin.
Or les fleuves qui en proviennent alimentent en eau potable environ 1,8 milliard de personnes, chiffre dépassant la seule population de la Chine puisqu'il intéresse aussi des pays voisins, l'Afghanistan, le Vietnam et l'Inde du Sud.

Des différences entre Chine du sud et Chine du nord

La question ne se pose pas de la même façon pour la Chine du sud et les Provinces du Nord.
La première dispose de 80% environ des réserves d'eau, les Provinces du Nord sont pauvres en eau ou quasiment désertiques en terme d'eau. Pourtant, ces provinces produisent une importante partie des produits agricoles chinoi :  elles abritent 45% de son industrie, 50% de ses centrales électriques et 40% de la population (dont la capitale, Pékin) – toutes étant des activités grandes consommatrices d'eau.

Un projet de canal

Nommé "South-North Water Transfer Project", un projet de canal du sud au nord d'une longueur de 1400 km et d'un coût estimé à quelque 80 milliards de dollars(2) est en cours depuis quelques années, mais la dépense est telle, même pour l'économie chinoise pourtant suffisamment riche, que les travaux ne progressent que lentement.

Carte des itinéraires du projet de transfert d'eau Sud-Nord
Carte des itinéraires du projet de transfert d'eau Sud-Nord

Certains scientifiques chinois se demandent aujourd'hui si ce problème de l'eau ne menace pas la survie de la nation tout entière.
Il est curieux de voir qu'il est peu évoqué dans les grands projets d'alliance stratégique entre la Chine et la Russie...

Jean-Paul Baquiast

 

puce note Notes
(1) Ces rapports ont été rédigés avec la participation d'universités et organismes de recherche chinois. On pourra toutefois suspecter leur objectivité , voire se demander s'ils ne participent pas à une offensive anti-chinoise provenant du reste de l'Asie ?
(2) "South-North Water Transfer Project"
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